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mardi 13 février 2024

Un affilié du groupe cybercriminel Netwalker condamné à six ans et huit mois de prison

 


Un affilié du groupe cybercriminel Netwalker condamné à six ans et huit mois de prison

Arrêté en janvier 2021 et accusé d’avoir mené des attaques informatiques avec le rançongiciel, un citoyen canadien a plaidé coupable, le 1er février, devant la justice de la province d’Ontario.

Par Florian Reynaud

Publié le 08 février 2022 à 14h03, modifié le 08 février 2022 

Emotet, Trickbot, Maze, Ryuk et maintenant Netwalker, le cybercrime s’est développé de manière exponentielle au cours de l’année passée. Les ransomwares ont touché des entreprises de toutes tailles et de tous les secteurs, privées comme publiques, et leur activité ne semble pas ralentir.

Rien qu’en 2019, les attaquants auraient extorqué 11,5 milliards de dollars à leurs victimes, contre 8 milliards en 2018. Les experts estiment que le coût des attaques de ransomwares augmentera de presque 100 % en 2021 pour atteindre 20 milliards de dollars. Netwalker (aussi appelé Mailto) a généré plus de 30 millions de dollars de rançons depuis sa première attaque d’envergure en mars.

Qu’est-ce que le ransomware Netwalker ?
Le ransomware Netwalker a été créé par le groupe cybercriminel Circus Spider en 2019 et connaît une croissance rapide. Le groupe Circus Spider est lui-même un des nouveaux membres du réseau Mummy Spider. En surface, Netwalker se comporte comme la plupart des autres ransomwares : il infecte les systèmes par le biais d’e-mails de phishing, avant d’exfiltrer et de chiffrer des données sensibles, puis de demander une rançon importante.

Malheureusement, Netwalker ne se contente pas de prendre les données de ses victimes en otage. Pour prouver son sérieux, le groupe Circus Spider n’hésite pas à faire fuiter des échantillons des données volées en affirmant que si la victime ne répond pas à ses exigences dans les temps, il diffusera le reste sur le dark web. Le groupe a par exemple dévoilé les données sensibles d’une de ses victimes sur le réseau interlope en les plaçant dans un dossier protégé dont le mot de passe a été publié en ligne.

Un citoyen canadien a été condamné, le 1er février, à une peine de six ans et huit mois d’emprisonnement pour avoir mené des attaques informatiques contre des entreprises et collectivités locales en complicité avec le groupe cybercriminel Netwalker, selon un document judiciaire récemment publié.

Netwalker est le nom d’un réseau opérant un rançongiciel du même nom utilisé pour paralyser le réseau informatique d’entreprises et d’administrations, en chiffrant toutes les données présentées sur les ordinateurs ciblés. Les victimes se voient alors demander une rançon par les attaquants, qui menacent généralement de publier en ligne des données confidentielles volées au cours de l’opération. Des infrastructures de Netwalker ont fait l’objet, en janvier 2021, d’une opération policière internationale, au cours de laquelle les autorités bulgares ont saisi un serveur utilisé par le groupe.

L’homme condamné par la justice canadienne, Sébastien Vachon-Desjardins, était un affilié de Netwalker, c’est-à-dire qu’il n’a pas développé lui-même le logiciel mais l’utilisait pour mener des attaques, en infiltrant le système informatique de ses victimes. Il était accusé d’avoir rançonné dix-sept « entités canadiennes » et « d’autres à travers le monde », selon un tribunal canadien.

Près de 720 bitcoins saisis

Arrêté en janvier 2021, après plusieurs mois d’enquête et sur la base d’informations communiquées par les autorités américaines, M. Vachon-Desjardins a, selon le document judiciaire, plaidé coupable et reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il a reconnu que près de 1 200 bitcoins avaient transité sur son porte-monnaie numérique, pour être répartis entre les différents membres de Netwalker. Près de 720 bitcoins (un peu plus de 20 millions d’euros à l’époque) ont été saisis au moment de son arrestation.

Le jugement de la justice canadienne éclaire, par ailleurs, le rôle que M. Vachon-Desjardins a joué en tant que complice de Netwalker. Il a notamment participé à l’amélioration du message de rançon utilisé par le groupe et ses affiliés pour menacer leurs victimes et « a convaincu le créateur de Netwalker » d’utiliser des « mixers », des outils servant à brouiller les transactions en cryptomonnaies pour compliquer le travail des enquêteurs judiciaires. Il est également soupçonné d’avoir formé d’autres potentiels cyberdélinquants et criminels :

« L’accusé excellait dans ce qu’il faisait. Entre dix et quinze individus non identifiés ont recruté l’accusé pour qu’il leur apprenne ses méthodes. Certaines de ces activités bénéficiaient à ceux qui étaient intéressés par la sécurisation des réseaux informatiques pour empêcher ces attaques. Certains des élèves de l’accusé étaient probablement d’autres cyberacteurs malveillants. »

Déjà condamné au Canada pour des affaires (non liées) de trafic de drogues, Sébastien Vachon-Desjardins a également été inculpé par la justice américaine, en décembre 2020, pour son implication dans les activités du groupe Netwalker.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Ce que l’on sait sur les auteurs et gangs de rançongiciels

REF.: lemonde.fr
https://www.varonis.com/fr/blog/guide-sur-le-ransomware-netwalker-tout-ce-quil-vous-faut-savoir

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