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mercredi 20 juillet 2016

MICROBIOTE intestinal: Et si ces bactéries pouvaient nous faire maigrir ?






De nombreuses études ont déjà suggéré le rôle clé du microbiote intestinal ou des 100.000 milliards de bactéries qui le compose. Le microbiote  » peut donner faim  » comme il peut contribuer à la perte de poids.

Chef de file dans l’étude de ces bactéries vivant dans les intestins et de leur impact sur notre santé, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), avec son grand programme de recherche MetaHIT, livre dans la revue Nature, de nouvelles conclusions sur le rôle clé de ce microbiote.

 Les personnes ayant un microbiote intestinal moins diversifié seraient plus menacées d’obésité.Ici, l’équipe de recherche de l’INRA fait le lien entre la richesse ou la diversité du microbiote intestinal et un certain nombre de mesures métaboliques. Le microbiote intestinal, une biomasse considérable de quelque 100.000 milliards de bactéries, de près d’un millier d’espèces vit en symbiose avec l’organisme humain. Son génome ou metagénome, mieux connu grâce au projet MetaHIT, est  composé de 150 fois plus de gènes que le génome humain (3,3 millions contre 23 000).Ici, l’analyse génétique des bactéries intestinales de 292 Danois montre qu’environ un quart d’entre nous ont jusqu’à 40% moins de gènes dans ce métagénome et de bactéries intestinales au sein de leur microbiote, que la moyenne.

Cette réduction du nombre de gènes et de bactéries induit aussi une diversité moins riche de la flore intestinale et une surreprésentation des bactéries responsables d’inflammation. Plus précisément,

·         la composition microbienne intestinale humaine de 123 sujets non-obèses et 169 personnes obèses diffère par le nombre de gènes microbiens intestinaux et par la richesse bactérienne.

·         Les individus ayant une richesse bactérienne faible soit 23% de l’échantillon sont caractérisés par une adiposité plus marquée, une résistance à l’insuline et une dyslipidémie par rapport aux sujets à microbiote intestinal riche.

·  Les personnes obèses à faible richesse bactérienne prennent plus de poids au fil du temps.Les chercheurs se disent capables d’identifier, à 98%, à partir de l’analyse du microbiote intestinal les sous-groupes de personnes à risque accru d’évolution vers l’obésité ou autres troubles métaboliques.

Alors que les bactéries produisent des vitamines et des substances bioactives essentielles, renforcent notre système immunitaire, communiquent avec de nombreuses cellules nerveuses et productrices d’hormones dans le système intestinal, l’absence de richesse bactérienne induit des déséquilibres métaboliques qui vont accroître la risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires et, accélérer la prise de poids.

Prendre soin de ses bactéries intestinales, c’est diversifier ses apports alimentaires, adopter un régime allégé en graisses et tenter de se préserver –ce n’est pas toujours possible- contre certains facteurs environnementaux comme l’exposition à certains microbes ou substances chimiques. En modifiant ses habitudes alimentaires, on peut réparer certains des dommages causés aux bactéries intestinales, expliquent les auteurs qui travaillent déjà, à préciser la meilleure façon de le faire. Avec un objectif, pour lutter contre l’obésité, caractériser les bactéries intestinales naturelles qui produisent des substances inhibant l’appétit et apprendre à les exploiter. Des scientifiques ont montré que des souris avec une alimentation riche en graisse possédaient 100 fois moins d’Akkermansia muciniphila que des rongeurs alimentés normalement. Pour rééquilibrer la flore intestinale des souris gavées, les chercheurs leur ont administré l’espèce bactérienne et ont encouragé sa croissance avec des prébiotiques, des nutriments spécifiques favorisant leur développement. L’expérience est un succès : non seulement l’écosystème microbien intestinal est rétabli, mais les souris perdent du poids ! Encore mieux, elles se mettent à sécréter plus efficacement de l’insuline, l’hormone impliquée dans le diabète.

Le bypass gastrique est une des procédures les plus efficaces pour traiter l’obésité morbide. Elle permet en plus d'une perte de poids, des modifications des paramètres inflammatoires. Il a été observé que le microbiote s’adapte à ces nouvelles conditions digestives. certains groupes bactériens, comme Feacalibacterium, étant associés aux paramètres inflammatoires tandis que d'autres comme Bacteroides étaient associés à la prise alimentaire. Sur cette même cohorte, il a été observé avec une approche métagénomique ciblée sur les gènes de l'ARN 16S que la diversité bactérienne augmentait après le bypass gastrique et que la composition du microbiote était corrélée après bypass avec l'activité des tissus adipeux.
Il existerait trois types d'entérotype ,qui sont des groupes de composition bactérienne intestinale spécifique chez l'homme,bien distincts liés au régime alimentaire, d'après l'étude du Perelman School of Medicine de Philadelphie (Pennsylvanie):
  • le type 1 est caractérisé par de hauts niveaux de bacteroides, c'est celui du régime occidental riche en viandes,
  • le type 2 a peu de bacteroides mais beaucoup de prevotella, il est lié aux régimes riches en glucides,
  • le type 3 a un haut niveau de ruminococcus.




Nota:  Le microbiote se montre même capable de réguler l’expression de certains gènes de l’hôte, ce qui pourrait évoquer des relations symbiotiques avancées.
Chez un individu en bonne santé, les activités métaboliques du microbiote intestinal humain en font un organe à part entière dans la physiologie humaine. Il est impliqué dans la maturation du système immunitaire de l’hôte et la maturation de son épithélium intestinal. Il intervient dans de nombreuses voies métaboliques fondamentales comme la fermentation des sucres et des protéines ainsi que le métabolisme des acides biliaires et des xénobiotiques.
De plus, du point de vue nutritionnel, il permet aux systèmes digestifs de fermenter les fibres alimentaires et de synthétiser les vitamines dites essentielles.
En cas de dysbiose (en), c’est­‐à­‐dire un changement dans la composition ou la stabilité des populations bactériennes de l’intestin, le microbiote peut être associé à des désordres métaboliques tel que le diabète de type 2, l'obésité ou bien les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, certaines composantes du microbiote ont été associées aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, mais aussi au développement d'allergies et au cancer colorectal.
Chez l'adulte en bonne santé, les composantes principales du microbiote restent stables. En revanche, chez les bébés, le microbiote change très rapidement au cours des trois premières années de vie avant de devenir mature, c’est-à-dire identique à celui de l’adulte. La composition de son microbiote varie donc selon le mode de naissance, par voie basse ou césarienne, puis selon l'environnement post-natal : antibiothérapies, alimentation au sein ou au lait de vache, etc.Dans certaines sociétés, le grand-père crache traditionnellement dans la bouche de l'enfant nouveau-né, comportement qui pourrait contribuer à la construction du microbiote de l'enfant, qui obtient aussi de nombreux microbes du contact avec sa mère.La bactériothérapie fécale, également appelée transplantation ou greffe microbienne fécale, consiste à utiliser le microbiote d’un individu sain, qui agit comme donneur de selles, comme traitement d’un patient dont le microbiote intestinal est perturbé. Cette technique est pour le moment principalement utilisée pour le traitement des infections récurrentes par Clostridium difficile, mais est également envisagée pour le traitement d’autres maladies.Le système nerveux intestinal est également vulnérable à ce qui est généralement considéré comme des lésions cérébrales : les corps de Lewy associés à la maladie de Parkinson ou les plaques d'amyloïde et les dégénérescences neurofibrillaires de la maladie d'Alzheimer se retrouvent dans l'intestin de patients atteints de ces maladies. On peut ainsi imaginer que la maladie d'Alzheimer, si difficile à identifier sans données d'autopsie, pourra être un jour systématiquement diagnostiquée par biopsie rectale(car les neuronnes des intestins sont directement lier a ceux du cerveau).Il y a moins de dix ans, le chercheur Heiko Braak, anatomiste et professeur à l’université de Francfort, formulait une hypothèse littéralement « incroyable » tellement elle allait à l’encontre de la vision classique de la maladie de parkinson… Selon lui, non seulement la maladie de Parkinson serait la conséquence d’une banale infection par une bactérie ou un virus; mais la dégénérescence des neurones du cerveau ne serait qu’une conséquence ultime d’un long processus amorcé des années auparavant dans les intestins.On peut rêver à un traitement de la maladie de Parkinson avant même l’apparition des symptômes. Et quitte à rêver, pourquoi ne pas rêver aussi de transposer le concept d’infection à d’autres maladies neurodégénératives (sclérose en plaque, Alzheimer, maladie de Huntington, syndrome de Guillain-Barré) …


Source.: Nature Doi:10.1038/nature12506 28 August 2013 Richness of human gut microbiome correlates with metabolic markers (Visuel Bactérie : DANONE RESEARCH / INRA – T. Meylheuc)Lire aussi : MICROBIOTE intestinal: Et si ces bactéries pouvaient aussi nous faire maigrir? –MICROBIOTE intestinal: Et si ces bactéries nous donnaient faim? –-


Source.: http://blog.santelog.com/2013/08/29/microbiote-intestinal-et-si-ces-bacteries-pouvaient-nous-faire-maigrir-nature/#sthash.aOhKNlTY.dpuf



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