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jeudi 20 février 2020

Les nouvelles méthodes de la police scientifique pour récupérer les données de nos smartphones détruits



Les nouvelles méthodes de la police scientifique pour récupérer les données de nos smartphones détruits

Technologie : La police scientifique a une nouvelle botte secrète pour récupérer les données des smartphones, même quand leurs propriétaires ont tenté de les détruire.

Même endommagés, les téléphones portables sont toujours remplis de nombreuses données utiles, selon les chercheurs du National Institute of Standards and Technology (NIST), qui fait partie du ministère américain du commerce. Cet institut a publié les résultats d'une récente étude sur les méthodes médico-légales permettant d'obtenir des données à partir de téléphones mobiles endommagés.
Pour ce faire, il a testé les outils utilisés par les forces de l'ordre pour pirater les téléphones et a constaté que même si les criminels tentent de détruire les preuves en brûlant, noyant ou détruisant leurs téléphones, les outils médico-légaux peuvent toujours extraire avec succès des données des composants électroniques du téléphone.
« Si le téléphone présente des dommages structurels, thermiques ou liquides, il est parfois possible de les contourner », explique Rick Ayers, l'expert du NIST en matière d'analyse numérique qui a dirigé l'étude. Interrogé par ZDNet, ce dernier estime que les techniques modernes de la police scientifique sont efficaces, bien que cela n'ait pas toujours été le cas.


L'évolution de la police scientifique mobile

Ce dernier travaille sur la criminalistique mobile pour le gouvernement des Etats-Unis depuis 17 ans. Pendant cette période, il a été témoin de l'évolution des téléphones mobiles et des outils médico-légaux utilisés pour les enquêtes. Il a commencé en 2003 avec les PDA (assistants numériques personnels) tels que les Palm Pilot et le PDA mobile Windows, puis les téléphones basiques et les premiers iPhone.
Si les premiers appareils mobiles étaient alors révolutionnaires, ils avaient des capacités limitées et ne contenaient donc pas beaucoup de preuves utiles pour les forces de l'ordre, ces dernières se résumant souvent à des registres téléphoniques, quelques SMS et parfois quelques photos. De plus, il n'existait pas encore beaucoup d'outils médico-légaux fiables pour extraire des données. Les outils qui existaient n'étaient pas standardisés, de sorte qu'ils ne pouvaient être utilisés que sur certaines marques et certains modèles, à l'image d'un outil qui ne pouvait pirater que les seuls téléphones Nokia.
Mais les temps ont changé. Pour Rick Ayers, il existe une pléthore de preuves sur les téléphones portables et de meilleurs outils, plus universels, pour extraire ces données. « Aujourd'hui, tout le monde a un poste de travail dans sa poche », relève ce dernier. De nos jours, ils très difficile de ne pas laisser derrière soi une trace numérique de nos déplacements, des personnes avec lesquelles nous communiquons ou encore de ce que nous achetons. La faute aux métadonnées qui accompagnent toutes nos applications et peuvent être extraites par des méthodes médico-légales modernes.

Un recours de plus en plus important aux méthodes médico-légales

Aujourd'hui, le NIST a de plus en plus recours aux méthodes médico-légales. Grâce notamment à des méthodes expérimentales menées sur un grand nombre de smartphones différents. « Nous disposons d'un banc d'essai de 40 ou 50 appareils Android et iOS et de téléphones à fonctions diverses, et nous remplissons chacun de ces téléphones afin de savoir exactement ce qu'il y a sur le téléphone. Nous utilisons chacun de ces téléphones comme le ferait un utilisateur normal », explique ainsi Rick Ayers.
Les membres du NIST ajoutent à ces téléphones des contacts et des applications de médias sociaux avec de faux comptes. Ils se déplacent également avec ces appareils pour leur adjoindre des données GPS et ajoutent ou suppriment des données afin de tester la capacité de leurs outils à extraire à la fois des données actives et des données supprimées. Par la suite, ils utilisent deux techniques médico-légales pour pénétrer dans les téléphones et voir si les données peuvent être récupérées.

Deux façons de pirater un téléphone endommagé

« Le JTAG et la méthode du chip-off sont deux techniques qui permettent d'obtenir une vidange de la mémoire octet par octet des données contenues dans un appareil mobile », explique en effet Rick Ayers.
"JTAG" signifie "Joint Task Action Group", l'association industrielle qui s'est formée pour créer une norme pour la fabrication des circuits intégrés. L'étude du NIST ne porte que sur les appareils Android, car la plupart des appareils Android sont "J-taggable", alors que les appareils iOS ne le sont pas. La technique médico-légale tire profit des "TAP", abréviation de "test access ports", qui sont généralement utilisées par les fabricants pour tester leurs circuits imprimés. En soudant des fils sur les prises, les enquêteurs peuvent accéder aux données des puces.
Pour effectuer une extraction selon le modèle JTAG, les membres du NIST démontent d'abord le téléphone pour accéder à la carte de circuit imprimé (PCB). Ils soudent par la suite des fils de la taille d'un cheveu sur de petits composants métalliques appelés robinets, qui ont à peu près la taille de la pointe d'une punaise. Une méthode certes fastidieuses mais qui porte ses fruits en permettant d'extraire des données d'à peu près n'importe quel smartphone Android.

Des méthodes très efficaces

Parmi les autres techniques à disposition des autorités, citons également la méthode du "chip-off". Celle-ci a toutefois évolué mais porte toujours sur les broches métalliques reliant les puces à la carte de circuit imprimé d'un téléphone. Alors que l'ancienne version de la méthode du "chip-off" consistait à retirer doucement les puces d'un circuit imprimé, risquant ainsi d'endommager les minuscules broches et de rendre impossible l'obtention des données, la nouvelle technique consiste à broyer le circuit imprimé jusqu'aux broches situées sous la puce, avant de placer celle-ci dans un lecteur.
Après analyse et extraction des données, ces deux techniques s'appuient sur un logiciel médico-légal pour interpréter les données. Contacts, localisations, données de réseaux sociaux sont autant de données pouvant être extraites par les autorités.
Reste que l'étude menée par le NIST s'est concentrée sur les outils médico-légaux utilisés pour extraire les données, mais elle ne s'est pas intéressée à la manière de passer outre les données chiffrées. Cependant, les chercheurs notent que les agents des forces de l'ordre sont souvent capables de récupérer les mots de passe des criminels pendant l'enquête.

Source. : ZDNet.com

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